Volaris a temporairement suspendu mardi ses vols à destination et en provenance de Guatemala City, car les barrages routiers provoqués par les manifestations post-électorales entravent l’approvisionnement en carburant.

Le Guatemala vit sa neuvième journée consécutive de manifestations et de blocages de rues, avec des milliers de personnes exigeant la démission des autorités du ministère public, accusées de vouloir empêcher l’investiture du président élu, Bernardo Arévalo, prévue pour janvier.

« La sécurité opérationnelle et la capacité d’approvisionnement en carburant sont essentielles pour fournir des services à nos clients », a déclaré lundi à minuit le PDG de Volaris, Enrique Beltranenta, sur son compte X, lors de l’annonce de la mesure.

Il a ajouté que tous les clients qui ne peuvent pas voler ce mardi seront protégés gratuitement sur les vols des jours suivants, selon leur préférence.

Les manifestations au Guatemala restent fortes

Les protestations et les blocages restent forts ce mardi au Guatemala, malgré l’avertissement du président Alejandro Giammattei de poursuivre en justice ceux qui provoquent la paralysie des routes.

Le ministère des Communications a précisé qu’il y avait 121 routes bloquées, un des chiffres les plus élevés depuis le début des protestations du 2 octobre pour exiger la démission de la procureure générale et chef du ministère public, Consuelo Porras Argueta.

Giammattei a assuré dans un message à la nation lundi soir que les blocages sont « illégaux » et que ceux qui bloquent les routes seront donc poursuivis.

Cependant, un grand nombre de personnes continuent de se mobiliser pour bloquer les passages à niveau et maintenir ainsi une grève nationale sans précédent pour la deuxième journée consécutive, tout comme lundi.

Pour cette raison, les cours en présentiel à tous les niveaux ont été suspendus et certaines grandes entreprises multinationales comme le restaurant McDonald’s ou la station-service Shell ont indiqué qu’elles fermaient temporairement la plupart de leurs installations.

La pluie n’a pas non plus empêché les communautés indigènes de maintenir leurs protestations avec des blocages sur les routes vers le Mexique, le Salvador et d’autres destinations internes du territoire.

Les manifestations ont été convoquées et lancées il y a une semaine par l’organisation indigène des 48 cantons du département (province) de Totonicapán. Depuis, divers syndicats y ont adhéré, notamment des universités, des médecins et des commerçants.

Les manifestants réclament la démission du chef du ministère public pour avoir tenté de modifier les résultats des élections de juin et août derniers, remportées par surprise par l’universitaire Bernardo Arévalo de León.

Le même président élu a accusé Porras Argueta, le 1er septembre, d’avoir mené un « coup d’État » contre lui afin d’empêcher son investiture.

La procureure générale a indiqué qu’elle n’envisageait pas de démissionner, tandis que Giammattei n’a pas fait référence à sa démission dans son message présidentiel publié lundi soir.

Les manifestants ont assuré qu’ils ne cesseraient pas leurs protestations jusqu’à ce que Porras Argueta démissionne de son poste.

Avec des informations de Reuters et EFE

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