Les ministres du Commerce de l’Union européenne, sous la présidence tournante de l’Espagne, se réunissent ce vendredi dans la ville espagnole de Valence pour discuter de la manière d’accélérer les accords commerciaux que le bloc communautaire a en suspens avec le Mercosur et aussi des moyens de moderniser ceux qu’il maintient avec Mexique et Chili.

Lors de la réunion de demain, les ministres européens analyseront également le rôle que la politique commerciale peut jouer dans la minimisation des risques liés aux interdépendances économiques, ainsi que les moyens de maximiser les bénéfices de l’ouverture économique de l’Union aux autres marchés.

« L’Amérique latine est un partenaire fondamental et fiable pour l’Union européenne, c’est pourquoi il est prioritaire de conclure des accords commerciaux avec cette région pour accroître la diversification et la résilience des chaînes de production », ont déclaré des sources de l’actuelle présidence espagnole de l’Europe.

À cet égard, le vice-président exécutif de la Commission européenne, Maros Sefcovic, a annoncé hier que Bruxelles aspirait à « conclure des accords commerciaux ambitieux avec l’Australie, le Mexique et le Mercosur d’ici la fin de cette année ».

De nouvelles exigences environnementales – qui ne font pas partie de l’accord général avec le Mercosur – sont désormais réclamées par certains partenaires européens (France, Pays-Bas ou Irlande) et par le Parlement européen (PE), après l’approbation d’un nouveau règlement communautaire sur la déforestation, et ils ont placé un nouvel élément dans une négociation apparemment close en juin 2019 après deux décennies de débats.

Bien que les parties aient ensuite donné leur approbation à l’accord, la partie européenne a ensuite perçu la menace concurrentielle que l’accord pourrait faire peser sur son agriculture et la possibilité que le boom de l’agriculture et de l’élevage dans les pays du Mercosur menace encore plus l’Amazonie et ces secteurs. Européens.

Ainsi, cette année, Bruxelles a proposé une annexe au pacte dans laquelle elle demande davantage d’engagements envers les accords climatiques et a même évoqué la possibilité de « contre-mesures » en dernier recours, ce qui a conduit le Mercosur à le rejeter en septembre.

Le dernier obstacle à l’accord, toujours en attente de ratification par les parlements nationaux européens et le Parlement européen, est venu sous la forme d’un ultimatum du Paraguay et de son président, Santiago Peña, qui a fixé au 6 décembre la date limite pour conclure l’accord, date à laquelle ils prendre ses fonctions de présidence provisoire du Mercosur.

Peña a insisté sur le fait que si l’accord n’est pas conclu à cette date, le bloc sud-américain se retirera et se concentrera sur la négociation d’accords commerciaux avec des pays asiatiques comme la Chine ou Singapour, et même avec les Émirats arabes unis, entre autres.

Une étude de l’Institut Royal Elcano indique que « si elle se concrétise, l’Europe aura des accords avec 94% du PIB de l’Amérique latine, contre 44% des États-Unis et 14% de la Chine », et transformerait l’Amérique latine en « devenu un acteur de premier plan » dans ce domaine.

L’Europe cherche à accélérer les accords avec le Mercosur et notamment avec le Mexique et le Chili

Son entrée en vigueur créera un marché de près de 800 millions d’habitants et permettra aux exportateurs européens d’économiser environ 4 milliards d’euros par an en droits de douane.

L’accord de libre-échange entre l’Europe et le Chili est également en attente de signature et de ratification, tout comme ceux conclus avec d’autres partenaires d’économies avancées et de grands marchés émergents.

En décembre dernier, l’Europe et le Chili, après cinq ans de négociations, ont annoncé leur accord pour moderniser celui qui régit déjà leurs relations commerciales, en vigueur depuis deux décennies.

Selon le texte convenu, 99,9% des exportations de l’Union vers le Chili seront exemptées de droits de douane, tandis que ce pays obtiendra la libéralisation de 96,5% des produits qu’il exporte vers le club communautaire.

Dans le cas du Mexique, les deux parties sont parvenues à un accord de principe en 2018 pour moderniser un pacte en vigueur depuis 2000 pour le commerce des marchandises et 2001 pour le commerce des services.

Les négociations visant à moderniser cet accord ont débuté en 2016, ont abouti à un accord en 2018 et se sont terminées deux ans plus tard. Il est désormais en attente de ratification définitive.

Cet accord commercial a fait de l’Europe le troisième partenaire commercial du Mexique, selon les données de la CE, qui indiquent également que le bloc communautaire est resté le deuxième investisseur net au Mexique en 2021 avec 6,9 milliards d’euros (24,6% du total net des investissements directs étrangers), seulement après les Etats Unis.

L’accord modernisé éliminera effectivement tous les droits de douane sur les produits agricoles non libéralisés dans le pacte actuel, simplifiera les procédures douanières ou élargira, entre autres, l’accès aux marchés publics.

En attente de ratification sont également les accords que l’Europe a déjà conclus avec la Nouvelle-Zélande, tandis que ceux récemment conclus avec le Chili et le Kenya n’ont pas encore été signés.

Les accords avec l’Australie et l’Indonésie sont également sur le point d’être finalisés, et des négociations sont en cours avec la Thaïlande et l’Inde.

Avec des informations de l’EFE.

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