Le projet de loi intervient quelques mois après que l'Australie a promulgué une interdiction similaire visant à rendre l'utilisation d'Internet plus sûre pour les jeunes.

Le gouvernement du Canada a introduit Projet de loi C-34, Loi sur la sécurité des médias sociauxqui interdira aux jeunes de moins de 16 ans d’utiliser les réseaux sociaux, avec des exceptions pour les plateformes répondant à des normes de sécurité spécifiques. Un autre objectif du projet de loi est de rendre les chatbots IA plus sûrs en mettant en place un régulateur numérique pour établir des normes de sécurité.

La ministre de la Santé, Marjorie Michel, a déclaré : « Les plateformes de médias sociaux et les chatbots IA sont conçus pour capter l'attention. Ils ne favorisent pas le développement sain des enfants et sont devenus une source d'anxiété, d'isolement, de dépression et de toute une gamme d'autres problèmes de santé mentale pour de nombreux jeunes Canadiens.  »

« Le développement sain de nos enfants commence par leur bien-être physique et mental, qui repose sur des liens sociaux solides et sains. Cette loi offrira un environnement plus sûr aux jeunes Canadiens et leur permettra d'établir des liens en personne, de nouer des amitiés, de se concentrer à l'école et d'acquérir des compétences concrètes afin de pouvoir s'épanouir. « 

Le projet de loi devra maintenant être adopté par le Parlement canadien avant qu'une interdiction n'entre en vigueur. Des responsables gouvernementaux ont déclaré lors d’une réunion d’information technique qu’il pourrait falloir jusqu’à un an pour que le projet de loi soit adopté et, s’il est adopté, 18 mois pour établir le régulateur numérique.

Les entreprises qui ne respectent pas les règles pourraient se voir imposer des pénalités équivalant à 3 % de leur chiffre d’affaires mondial, ou jusqu’à 10 millions de dollars canadiens, selon la valeur la plus élevée.

Outre l'interdiction pour les moins de 16 ans, la législation proposée exige que les services réglementés mettent en œuvre des protections et des garanties adaptées à l'âge des jeunes utilisateurs, ainsi que des mesures visant à réduire l'exposition des enfants à certains contenus et interactions à haut risque.

Les services réglementés seront également tenus d’identifier, d’atténuer et de traiter les risques sur leurs plateformes.

Marc Miller, ministre de l'Identité et de la Culture canadiennes responsable des langues officielles, a déclaré : « Nous avons constaté les conséquences très graves que peuvent avoir les méfaits en ligne. À mesure que les technologies évoluent, nous devons veiller à ce que nos lois suivent le rythme, car les parents ne peuvent pas faire face seuls à ces défis.  »

« La sécurité des enfants ne peut pas être une réflexion après coup. Cette législation imposera des responsabilités plus fortes aux plateformes en ligne afin de garantir que leurs services sont sécurisés dès leur conception et inclura des mesures appropriées pour assurer la sécurité des enfants. »

Le Canada n'est pas la première région à envisager de limiter l'accès des jeunes aux médias sociaux. En décembre de l'année dernière, Australie a promulgué la première interdiction au monde des médias sociaux pour les mineurs de moins de 16 ans, dans le but de renforcer la sécurité des enfants. L'interdiction concerne Facebook, Instagram, Threads, X, YouTube, Snapchat, Reddit, Kick, Twitch et TikTok.

Parmi les autres régions qui ont envisagé de mettre en œuvre des changements figurent le Royaume-Uni et France. En novembre 2025, le Parlement européen a proposé une Minimum à l’échelle de l’UE âge pour accéder aux médias sociaux, aux plateformes de partage de vidéos et aux compagnons IA.

A lire également