« Au Mexique, il y a eu trois moments (économiques) : le premier, la signature de l’ALENA en 1994 ; la seconde, la réforme énergétique de 2013, où un pic d’investissements étrangers de 46 milliards de dollars a été atteint cette seule année-là ; et le troisième est le nearshoring », a expliqué Otero dans une interview avec EFE.

La grande différence, a-t-il souligné, est que les deux premiers ont été créés depuis le Mexique, tandis que la délocalisation s’est faite depuis l’étranger.

« Cela rend le moment que nous vivons très spécial et très unique », a-t-il souligné.

Ce phénomène économique, qui a commencé au Mexique il y a un peu moins de deux ans et s’étend à 15 États, s’est intensifié cette année avec l’arrivée de grandes multinationales comme Tesla.

Otero a expliqué que la perturbation des chaînes d’approvisionnement et un environnement géopolitique qui tend vers la régionalisation créent une situation dans laquelle le Mexique « occupe une position extraordinaire pour saisir cette opportunité ».

Selon diverses analyses, a-t-il dit, le nearshoring pourrait augmenter les exportations du Mexique entre 75 000 et 200 000 millions de dollars.

« Si nous parvenons à capter une partie de cela, cela positionnera le Mexique comme le premier partenaire (commercial) des États-Unis (actuellement c’est le deuxième) », a-t-il prédit.

Preuve en est, a expliqué Otero, la Banque Scotia a augmenté de 50 % son portefeuille de financement et ses opérations sur le marché des capitaux, notamment dans le secteur de l’immobilier industriel.

La Banque Scotia prévoit une impulsion significative pour l’économie mexicaine

Cependant, a-t-il fait remarquer, la délocalisation des entreprises étrangères doit s’accompagner d’un investissement public et privé conséquent dans les infrastructures.

« La meilleure chose est que ce n’est pas seulement pour les multinationales. Ils vont arriver et faire l’investissement, mais ils vont avoir besoin de services qui accompagnent tout l’écosystème qui va se développer autour d’eux, et c’est à ce moment-là que les petites et moyennes entreprises peuvent commencer à accompagner le développement », a-t-il estimé.

La force du peso mexicain, qui a accumulé une appréciation de plus de 13 % par rapport au dollar américain jusqu’à présent cette année, a eu un impact sur l’économie nationale, mais peut être bénéfique pour le nearshoring.

« Tout le monde parle de quand on a un poids fort, comme ces niveaux qu’on n’a pas vus depuis 2015, ça a un impact sur les exportations. Mais ce renforcement s’accompagne du fait que notre acheteur le plus important, les États-Unis, subit également la pression de l’inflation », a-t-il déclaré.

« Alors quoi de neuf? Que (le peso) soit réévalué, que les prix reprennent là-bas et que cela fasse augmenter (les exportations) et que les exportateurs continuent d’avoir cette capacité élastique pour continuer à avoir une activité rentable et durable », a-t-il poursuivi.

Alors qu’au Mexique, le taux d’inflation est passé sous la barre des 5 % pour la première fois depuis mars 2021, ce que le PDG de la Banque Scotia a imputé au bon travail de la Banco de México (Banxico).

« Toutes les banques centrales, plus ou moins, visent à se situer entre 2% et 3%, c’est là qu’elles veulent vraiment que l’inflation soit toujours, et nous pensons que cette tendance à la baisse doit se poursuivre », a-t-il prédit.

Malgré les élections présidentielles que le Mexique et les États-Unis tiendront en 2024, Otero est convaincu que les institutions resteront solides et qu’il n’y aura pas d’impact économique.

Sous le mandat de Donald Trump (2017-2021), le Mexique et les États-Unis ont connu des frictions commerciales, telles que des menaces de droits de douane sur tous les produits mexicains en guise de punition pour la migration irrégulière.

« Les élections, au Mexique et celles de notre principal partenaire commercial, vont être super importantes. Mais l’accent est mis sur la force des institutions », a réitéré Otero.

Avec les informations de l’EFE

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